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La fantaisie des comptines récitées ou chantées aux enfants est de toutes les époques et de toutes les latitudes. Je ne sache pas cependant mais je ne sais pas tout dautre province où lon promette aussi allégrement, pour le souper :
« De la bouillie de blé noir
« Et des coups de bâtons ;
« De la bouillie davoine
« Et des coups de bâtons... »
Qu’ont-elles donc de particulier ces berceuses et comptines des pays bretons ? Une langue libre, à l’évidence. Ceux des lecteurs qui savent leur breton se régaleront de sa souplesse syntaxique, de la richesse des onomatopées, de la puissance comique des allitérations. Davantage : la langue utilisée ici est entièrement au service d’une poésie joyeuse et d’une allègre fantaisie parfaitement déterminées à ne pas se laisser censurer. Aucune restriction mentale. Les tyrannies de la réalité, de la grammaire et de l’orthographe sont parfaitement subverties. L’imagination a pris le pouvoir !
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